mardi 15 mai 2012

Un Modlgliano, des Modigliani

Ouh là là les enfants, ça fait un bail en barre que j'ai pas mis les pieds par ici !!
Pas que je vous aime pas hein, mais j'ai comme on pourrait dire, été happée par ma propre vie. On va pas se plaindre hein.

Donc ma propre vie, elle m'a emmenée voir l'expo Modigliani à la pinacothèque la semaine dernière. Bon, en fait, c'est pas vraiment une expo sur Modigliani, mais plutôt l'histoire d'un collectionneur et de son acheteur-revendeur de tableaux, aka Jonas Netter et Léopold Zborowski. Tandem équilibré entre un sage riche et un fou dénicheur de talents, ils découvrent ensemble des bébés-peintres avant que ceux-ci n'éclorent, et les entretiennent. En échange, ils sont propriétaires de toutes leurs toiles. Par exemple, dans le contrat, Modigliani devait leur peindre 12 toiles par mois. Ca fait un peu beaucoup, 12 toiles par mois. Bref, je vais pas tout vous dévoiler, mais on y découvre, dans un dédale assez mal agencé, des tableaux de peintres variés de cette époque, et c'est une bien jolie promenade. J'en ai retenu de jolies fillettes, une rose, et une bleue : 

Amadeo ModiglianiFillette en bleu,  1918,  116 x 73 cm


Chaïm SoutineLa fillette à la robe rose, c. 1928, 92 x 60 cm.

Mais pour le reste, ça vaut aussi le coup d'y aller !




MODIGLIANI, SOUTINE ET L'AVENTURE DE MONTPARNASSE 
À la Pinacothèque de Paris, du 04 avril au 09 septembre 2012 
Réservation : http://www.pinacotheque.com/fr/accueil/achetez-vos-billets.html

lundi 16 avril 2012

Exerpt

"Un soir, à Rouen, j'allai à un concert ; quand je vis autour de moi l'assistance cossue qui s'apprêtait à déguster sa ration de beauté, une détresse me prit. Qu'ils étaient nombreux, qu'ils étaient forts ! En viendrait-on jamais à bout ? Combien de temps encore leur permettrait-on de croire qu'ils incarnaient les plus hautes valeurs humaines, et les laisserait-on modeler leurs enfants à leur image ? [...] Heureusement, la liquidation du capitalisme semblait se précipiter. La crise qui avait éclaté en 1929 n'avait fait que s'exaspérer et ses aspects spectaculaires frappaient les imaginations les plus rétives. [..] Banqueroutes, scandales, suicides d'hommes d'affaires et de grands financiers remplissaient les colonnes des journaux. Le monde allait bouger."


Simone de Beauvoir, "La Force de l'âge"

dimanche 4 mars 2012

De comptoir...


Voilà qu'il me reprend de penser à l'ennui. Il est loin désormais l'ennui, le vide, la morbide neurasthénie qui dissout le sens de la vie. 


Il dit que c'est bien, l'ennui. 

Mais non. L'ennui, c'est tout pourri, c'est pire que le vide : c'est le néant, la fuite, l'impossibilité d'être présent. 

En fait l'ennui, ça n'existe pas. C'est que la conséquence d'un état de déprime.

On peut s'ennuyer tout seul le dimanche soir, quand on n'a plus rien à faire. Mais en vrai, on a toujours des choses à faire. S'ennuyer, c'est s'échiner désespérément contre le temps, sans parvenir à trouver des choses pour se distraire. Éperdument, vouloir se distraire. Mais se distraire de quoi ?  Si on aime sa vie, on n'a pas besoin de vouloir s'en distraire. Et inversement, chercher à se distraire, c'est vouloir s'échapper de sa vie. S'enfuir loin de soi-même. Et évidemment, il n'y a jamais de distraction suffisante pour tromper le vide. Alain disait "Qui n'a point de ressources en lui-même, l'ennui le guette et bientôt le tient". C'est ça l'ennui. C'est le manque de ressources en soi-même, le vide intersidéral à l'intérieur, la douleur d'être soi qu'il faut fuir.
Lassitude, désintérêt de tout, rien n'est moins fécond que l'ennui. Paralysie totale, on ne peut rien créer, plus rien n'a de goût, les couleurs se fanent, la moindre bribe d'énergie est engloutie dans ce trou noir. 

"Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l'immortalité." 
Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal - Spleen 2

Il arrive quand on s'occupe de choses dénuées de sens pour nous. Quand on n'éprouve pas d'intérêt pour ce que l'on fait. Et dans sa forme la plus intense, c'est lorsque notre propre vie est dénuée de sens qu'il s'installe. C'est pas un peu symptomatique, ça ?

Lorsque l'ennui toque à la porte et commence à prendre ses aises dans ton salon, c'est un avertissement. Une sonnette d'alarme. Au lieu de chercher à le mettre à la porte, il faut l'accepter, l'interroger. D'où vient-il ? Qui lui a dit qu'il serait le bienvenu ici ? Il faut écouter et aller voir si il n'y a pas quelque chose à réparer chez lui, pour qu'il s'y sente de nouveau si bien qu'il ne songe pas à revenir se réfugier chez nous. 

mercredi 29 février 2012

La Dame de La Mer



J'étais hier à la première de "La Dame de la Mer", une pièce d'Henrik Ibsen, dramaturge norvégien du XIXème siècle. Elle conte l'histoire d'Ellida, une jeune femme hantée par l'appel de la mer, symbolisant son premier vrai amour duquel elle s'est résignée. Cet amour réapparaissant soudain dans sa vie, honorant une vielle promesse, elle se trouve confrontée à l'éternel dilemme entre folie et raison, passion et sagesse, stabilité et mouvement. Si l'intrigue peut comporter quelques lourdeurs, la mise en scène était assez époustouflante. Les comédiens évoluent dans une sorte de piscine qui démarque la scène, la maison, le centre de l'action. De lourds meubles de jardin en bois y sont posés et tout évoque la froideur et l'austérité du Fjord auprès duquel Ellida se sent prisonnière. 

Petit très gros détail, le rôle d'Ellida est interprété par Camille d'un jeu étonnamment juste pour une chanteuse.. La pièce est agrémentée de poèmes norvégiens mis en musique par elle-même, qu'elle interprète les pieds dans l'eau, debout dans sa longue robe rouge.  Des instants de poésie suspendus entre deux scènes. Seuls deux cors et un trombone l'accompagnent, mais elle ne manque pas, évidemment, d'utiliser l'eau comme instrument !

C'est jusqu'au 17 mars, ça vaut son petit détour.. 



   


du 28 Février au 17 Mars
+33 (1) 46 07 34 50


lundi 20 février 2012

Hofesh Shechter

J'ai été voir ce ballet mercredi dernier : Uprising - The Art of not Looking Back. Je ne connaissais pas ce chorégraphe complètement taré (en fait je connais pas de chorégraphes de manière générale mais chuut), et ben j'ai bien été secouée. Une claque de beauté, de grâce et de détresse. Une bande son dont la plupart a été composée par le chorégraphe, tour à tour poignante, hérissant les poils, secouant les oreilles, effrayante, et arrachant quelque larmes. La chorégraphie en elle même, ben.. J'ai jamais rien vu d'aussi actuel, voir visonnaire. Profondément ancré dans l'expression du présent, d'un dynamisme assourdissant, d'une précision émotionnelle déroutante.

Pour vous donner un aperçu d'une autre de ses pièces : 



Une pure merveille. C'est jusqu'au 29 février. Allez-y !




Hofesh Shechter
Uprising - The Art of not Looking Back
Théâtre des Abesses
www.theatredelaville-paris.com
01 42 74 22 77

dimanche 5 février 2012

Mali - Textures

Et pour finir, comment vous parler du Mali sans vous présenter sa musique.. Une bonne partie de la musique africaine qu'on écoute chez nous vient de ce pays. La musique est en fait très profondément ancrée dans leurs traditions. Une des castes qui structurent la société est une caste de musiciens, qu'on appelle griots. Les traditions se transmettent oralement en musique au cours des générations, et les griots tiennent une place privilégiée dans l'organisation de la vie communautaire dans les villages. 
Du coup, avec une petite couche de mondialisation par dessus, des petites merveilles passent les frontières pour se faufiler jusqu'à nos oreilles.. 


 Et puis je vous laisse avec une série de photos de fenêtres que je savais pas trop où caser, mais que je me suis éclatée à photographier tout au long du séjour. 













mardi 31 janvier 2012

Mali - Ségou

Après une journée d'errance à Bamako à la recherche d'un festival fantôme et d'un collectionneur de marionnettes, nos potes nous ont emmené à Ségou, une des seules villes touristiques où ça craint pas trop de se faire kidnapper.

C'est une ville très calme, reposante et toute en longueur. Le Niger, très large à cet endroit, lui donne une allure de petite ville de bord de mer. La rive d'en face se fond dans la brume et les îles formées par les bras du fleuve abritent un nombre incommensurable d'oiseaux étonnants. Il n'y a pas de pont, les habitants traversent le fleuve sur des pinasses, des sorte de grosses pirogues qu'il dirigent en poussant sur de très long bâtons enfoncés dans l'eau.

A Ségou il y a également de vielles bâtisses de l'époque coloniale réinvesties par les habitants. Certaines, délavées puis repeintes dans des couleurs d'une harmonie extraordinaire, mangées par les lianes, semblent lancer des regards d'une tristesse patinée. Comme si le temps était venu compléter à dessein le tableau d'une romantique nostalgie, d'une époque perdue.